Alexandre Woog, escrimeur et entrepreneur


Votre blog playeur.co a rencontré Alexandre Woog, escrimeur israélien, qui participera aux championnats du monde en juillet prochain à Leipzig.

Alexandre, peux tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 32 ans, je suis diplômé de l’école de commerce HEC en spécialisation Finance. Je suis également sportif de haut niveau en escrime dans l’équipe nationale israélienne de sabre. J’ai gagné 6 fois les championnats d’Israël, je suis deux fois vice champion de France par équipe, champion de France universitaire, finaliste de la coupe du monde de Tunis, vainqueur de la coupe du monde satellite de Newcastle, vainqueur des maccabiades.J’ai été candidat des émissions télévisées The Apprentice (M6) et La Maison du Bluff (NRJ12).Et pour finir je suis cofondateur de la startup e-loue.

Comment as tu commencé l’escrime ?

J’étais à l’école primaire Daumesnil dans le 12ème arrondissement à Paris. Lorsque j’étais en CE2, ma sœur était en CM1 dans la même école. Elle a participé avec toute sa classe à une initiation d’escrime dans le club Paris USMT situé juste à coté. Les élèves avaient ainsi des cours une à deux fois par semaine pendant 3 mois. Elle m’a emmené un soir avec elle au club. J’ai fait un entrainement et j’ai tout de suite accroché. Le maître d’armes m’a repéré ce soir-là et m’a dit de continuer, que j’avais beaucoup de potentiel. Quelques semaines plus tard il y a eu aussi l’initiation d’escrime pour ma classe.
J’ai ainsi démarré l’escrime, 6 mois plus tard je commençais les compétitions, j’ai eu de très bons résultats tout de suite ce qui m’a poussé à persévérer. J’étais très sportif et je pratiquais d’autres sports en club en parallèle comme le Foot et le tennis. Mais j’ai par la suite arrêté pour me consacrer à l’escrime.

Pourquoi avoir choisi le sabre plutôt qu’une autre arme ?

Le club où j’ai commencé ne pratiquait que le sabre. Je ne me suis donc pas posé la question du choix de l’arme. Pour moi l’escrime se résumait au sabre. Néanmoins le sabre est l’équivalent du sprint, il faut être très dynamique, rapide. L’épée repose plus sur l’endurance et le fleuret sur la technique. De ce fait mon caractère correspond parfaitement au sabre.

Quel est ton meilleur souvenir comme escrimeur ?

Ce sont mes premiers championnats du monde. Ils ont eu lieu à Paris en 2010. C’est exceptionnel que des championnats du monde sénior soient organisés en France. Les derniers étaient à Nîmes en 2001. Donc dans une carrière on y participe généralement pas plus d’une fois en France.

La phase finale était au Grand Palais qui est un lieu magnifique. Il a déjà fallu se qualifier pour la phase finale ce qui n’était pas évident et ce que j’ai réussi. J’ai donc pu tirer au grand palais devant mes amis, ma famille…J’ai rencontré en 32ème de finale Áron Szilágyi sur lequel j’ai perdu très largement. Il est ensuite devenu champion olympique à Londres en 2012 puis à Rio en 2016. Donc on peut dire que je n’avais pas eu beaucoup de chance de le rencontrer. Même si le résultat sportif n’était pas exceptionnel, ca reste sans doute mon meilleur souvenir.

Tu as commencé avec la nationalité française avant de choisir de représenter Israël. Pourquoi ?

A 19 ans j’ai intégré le centre des équipes de France à l’INSEP. J’ai alors beaucoup progressé et participé à de très nombreuses coupes du monde et aux championnats du monde universitaires à deux reprises. J’ai pu mener mes études en parallèle facilement car j’avais de nombreux arrangements sur les horaires. J’ai été diplômé à 23 ans de HEC. J’ai trouvé un contrat spécifique aux sportifs de haut niveau au Crédit Coopératif en salle de marché. J’avais de très nombreux arrangements (horaires aménagés, salaire à 100% bien que j’étais souvent absent pour les stages, les compétitions, etc.).

Néanmoins j’ai décidé d’arrêter ce contrat en 2009 pour lancer e-loue. J’ai ainsi pris un grand risque car j’avais des conditions de travail exceptionnelles mais j’avais toujours voulu entreprendre. Donc à la première occasion j’ai saisi ma chance. Pendant un an j’ai concilié l’équipe de France avec les entrainements à l’Insep et le développement de E-loue. Le problème est que les entrainements à l’Insep sont très exigeants, il fallait être présent tous les après midi à 15h30 ou 16h, plus parfois le matin. Au final très compliqué de mener un réel double projet car on s’entraîne de manière processionnelle sans être professionnel.

Malgré des résultats qui étaient bons, j’avais le sentiment de rien pouvoir faire à fond. Donc j’ai décidé de choisir ma deuxième nationalité pour représenter Israël en escrime. Déjà cela me tenait à cœur de représenter ce pays, et en plus c’était la possibilité de m’entrainer le soir (et non plus l’après-midi) en club et donc d’avoir une vie professionnelle « normale »., de pouvoir réellement concilier mes deux projets.

Quels seront tes objectifs aux prochains championnats du monde ?

Je viens de me blesser gravement à la main, il va donc falloir que je guérisse au plus vite pour être prêt pour ces championnats. L’objectif des championnats du monde à Leipzig en Juillet est la médaille. Ce ne sera pas évident mais un match d’escrime est très court, la compétition sur une journée, donc tout est possible.

Tu es aussi le CEO d’e-loue, n’est ce pas trop contraignant pour concilier ça avec le sport de haut niveau ?

L’escrime n’étant pas un sport professionnel, ma priorité reste ma carrière professionnelle. Même si je suis très investi dans mon sport. Au delà d’être sportif de haut niveau, je suis avant tout sportif. Donc aujourd’hui je fais du sport tous les jours. Mais je pense que même si je ne faisais plus du tout d’escrime et de compétitions je continuerais à faire beaucoup de sport. En effet pour un entrepreneur le sport offre la possibilité de se vider l’esprit, d’évacuer le stress, de garder la forme, d’être dans un environnement différent. Donc c’est important pour mon équilibre.

Concernant mon organisation mes journées sont bien remplies avec le travail de 9h à 19h30 et le sport de 20h à 22h, ou bien je pratique le sport entre 12h et 14h et je reste plus tard au bureau. Quand je ne suis pas en compétition je m’entraine aussi le samedi matin et dimanche matin. J’alterne les séances d’escrime, les leçons avec mon maitre d’armes Jean-Hugues Foures, les entrainements physiques (musculation, course, vélo, squash…)

Playeur.co et plus généralement le collaboratif dans le monde du sport, tu en penses quoi ?

J’ai fondé e-loue.com qui est pionnier dans l’économie collaborative. En 2009 le terme économie collaborative n’existait pas. Donc j’ai toujours été persuadé que c’était l’avenir. Depuis 2012 le mouvement s’est amplifié. Je pense que le collaboratif peut s’appliquer à tous les domaines et qu’on est encore qu’au début. Airbnb dans la location d’appartements, Uber pour le transport, Ebay dans la vente…sont des success stories qui montrent que ce n’est pas qu’une mode mais un réel nouveau mode de consommation.

Bien entendu cela reste valable dans le sport. J’ai notamment investi dans le passé dans une startup, Fencestat, donc une des fonctionnalités était la prise collaborative d’informations pendant des matchs pour générer des statistiques et suivre des évènements sportifs en live. Il s’agissait donc d’un partage d’informations dans une communauté. Le collaboratif dans le sport est donc amené à exploser dans les prochaines années.

Jack’s
logo playeur

escrime (2)

Partage ton avis

Facebook