Maëva Contion, dix obstacles à franchir pour aller à Rio


Votre blog playeur.co a rencontré une spécialiste du 400 mètres haies Maëva Contion qui vise une qualification pour les JO de Rio en 2016.

Maëva, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m’appelle Maëva CONTION, j’ai 23 ans. Je suis de Creil, en Picardie, et d’origine martiniquaise, ce sont deux régions que je souhaite représenter dans mon parcours sportif. Après avoir pratiqué différents sports, j’ai commencé l’athlétisme en classe de 6ème, en étant repérée par mon professeur de sport. Je suis actuellement au club de Nogent-Sur-Oise Athlétisme. Cela fait 13 ans que je pratique ce sport qui m’apporte énormément dans la vie de tous les jours ; c’est une discipline qui « éduque » en permettant d’apprendre sur soi et de gérer ses émotions. Je dirais que ma pratique m’a fait évoluer positivement ! A coté de cela, je suis étudiante en Master 2 entrainement sportif à l’UPEC. J’aimerai par la suite, devenir kinésithérapeute sportif afin de maintenir un pied dans le monde du sport. J’estime qu’il est important d’anticiper sa reconversion professionnelle ; c’est pour cela, qu’avec mon coach, nous insistons sur le double projet sport-étude. Suivre ces études m’apporte aussi un plus dans ma pratique, telles que des notions en préparation mentale, en nutrition, sur la physiologie du corps, etc… Tout comme ma pratique me permet d’intégrer une certaine expérience dans mes devoirs.

Comment es tu devenue coureuse de 400 haies ?

Alors, lorsque je suis arrivée au Lycée Marie Curie, en 2nd, j’ai commencé à m’entrainer avec mon coach actuel, Laurent Hernu, sur les épreuves combinées (pentathlon et heptathlon). J’adore cette discipline puisqu’elle permet de toucher à tout. Et en parallèle, aux Championnats de France je faisais du 320m haies (à mon époque les cadet(te)s ne courraient pas encore sur 400m haies) sans forcément travailler la discipline puisqu’avec les épreuves combinées je m’entrainais sur le 100m haies, 200m et 800m. En 2010, je gagne mon premier titre de Championne de France Junior sur 400m haies, ainsi qu’une sélection en équipe de France. Puis en 2011, j’ai arrêté l’heptathlon pour me consacrer exclusivement au 400m haies ; année qui se conclut par la 3e place aux Championnats d’Europe Junior.
D’ailleurs c’est une petite anecdote à ce sujet… Lorsque que j’ai pris ma première licence d’athlétisme, au club de Cauffry, une dame m’a dit qu’à ma façon de courir, j’étais faite pour le 400m haies. Elle ne s’est pas trompée !

Peux-tu nous décrire l’effort d’un 400 mètres haies ? ni du sprint, ni du fond mais avec des obstacles 🙂

C’est une discipline très exigeante ! Il s’agit d’un sprint long avec des obstacles à intervalles réguliers. Le départ doit être le même que pour un 100m mais avec plus de relâchement. Il faut de la « caisse » pour maintenir la foulée dans la dernière ligne droite. Et il faut une bonne technique pour le franchissement des haies qui se fait des deux jambes.
Dans ma préparation, on met particulièrement l’accent sur la vitesse afin d’optimiser la foulée dans les intervalles ainsi que l’approche des haies pour un franchissement très fluide et rapide.
A haut niveau, on a un schéma de course bien défini, que l’on adapte en fonction des conditions climatiques ou des sensations pendant la course. Cette épreuve demande une bonne lecture de la course et de l’anticipation afin de s’adapter rapidement et éviter les piétinements à l’approche des haies. Sur un 400m haies, on peut vite gagner du temps comme un perdre, c’est une épreuve qui demande énormément de concentration en plus des qualités physiques.
Pour finir, je dirais que le 400m haies est une épreuve de maturité, il faut du temps pour totalement comprendre et maitriser la course.

L’objectif de la saison est de te qualifier pour Rio ?

Oui. L’objectif ultime est d’aller à Rio avec comme but d’être au moins demi-finaliste. Avant ça, je veux maintenir mon titre de Championne de France, et faire les Championnats d’Europe d’Amsterdam. 

Comment est venue l’idée d’une campagne de crowdfunding pour financer ta participation ?

C’est une dame que j’ai rencontré qui m’en a parlé. Elle avait elle-même fait une campagne de crowfunding. Etant à la recherche de partenaires pour ma préparation Olympique, elle m’a donc suggéré l’idée.

Qu’est que t’a apporté l’équipe de Fosburit pour ton projet ?

 L’équipe de Fosburit est très présente dans le suivi de ma campagne. Je reçois un appel chaque semaine pour faire le point sur ce que j’ai fait, et ce que je peux faire pour améliorer l’avancement de mon projet.

Le 400 haies n’a jamais vraiment réussi aux coureuse françaises (au contraire des hommes, Stéphane Diagana) comment l’expliques tu ?

 Le niveau européen féminin est très élevé ! A part une Marie Josée Pérec qui pouvait correctement rivalisée, les autres françaises étaient plus en retrait bien que leurs chronos soient bons. Depuis 1 ou 2 ans, le niveau français commence à remonter un peu ; avant en 59s tu faisais 3ème, maintenant il faut être en 57s pour faire un podium. Et c’est cool, la rivalité permet de se dépasser !
Aujourd’hui, je m’entraine dur pour faire parti des meilleures mondiales, et j’espère ainsi montrer que les françaises sont aussi présentes sur la discipline !

Une idole sportive ?

Comme tout le monde, je dirais Marie Josée Perec, puisque son parcours est juste énorme, c’est LA Française !
Mais si je dois parler d’un réel modèle, c’est mon coach Laurent Hernu. Il a participé à 2 jeux, plusieurs championnats du monde et d’Europe, et il a beaucoup de Titre de Champion de France. Depuis que je suis avec lui, je me dis que j’espère faire ne serait-ce le quart de ce qu’il a accompli. C’est vraiment un super coach, et son expérience d’athlète m’apporte beaucoup. Depuis 10 ans, on apprend et on évolue ensemble. Je sais que son rêve de coach est de m’emmener aux Jeux.

Pour soutenir Maëva dans son rêve olympique c’est par ici !

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