Marion Dusart, la ch’ti qui vise le top 5 mondial en windsurf


Votre blog playeur.co a rencontré Marion Dusart, jeune française qui parcourt le circuit mondial de Windsurf depuis plusieurs années. Entretien passionnant avec Marion qui s’est livré sans tabou sur tous les sujets.


 Marion, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Marion Dusart, j’ai 25 ans, passionnée par les sports aquatiques et plus précisément par la planche à voile. Cette passion est née à l’âge 13ans, dans le sud de la France, à Marignane. En fait, rien ne me prédestinait à évoluer dans ce milieu-là !

Etant ch’ti d’origine, J’ai passé mes 10 premières années à Lille, là où il fait bien froid 😉  puis en Belgique, à Uccle. Puis j’ai encore suivi ma famille mais cette fois-ci direction le Sud pour Aix en Provence. 
Mes parents et mon frère faisaient déjà de la planche et m’ont poussé à essayer, histoire de savoir partir et revenir mais petit à petit j’ai découvert le planning, la vitesse, et là je suis devenue accros, le virus était pris !Puis pour mes études en staps je suis partie sur l’Almanarre (Hyères) pour profiter du cadre, des bonnes conditions d’entrainements. Cela ne m’a pas empêché d’obtenir la licence en APAS (activité physique adaptée et santé) et la licence Entraînement (coach sportif) !

Depuis peu, je vis sur Tarifa pour développer mon école de planche à voile, Global Windsurfing Tarifa, et me rapprocher de certaines personnes nécessaires à mon entrainement. Le monde du funboard est très difficile mais ma détermination est telle, que je programme seule mes entrainements physiques et pratiques, je change de spots pour naviguer dans des conditions différentes tout au long de l’année, je n’ai pas d’entraineur qui me motive, c’est moi et moi seule qui me forge de jour en jour grâce à ma volonté et mes études.  

Les déplacements, les titres et les bonnes performances s’enchainent et me voici désormais vice championne de France 2014 et 9ème mondiale 2015 à 25ans. Le windsurf est un sport d’expérience où l’âge ne compte pas. En effet, on retrouve pas mal d’athlètes de 40ans dans le top mondial, ce qui me laisse encore plus de 20ans de carrière.

Raconte nous ton parcours pour en arriver au circuit PWA en windsurf ?

J’ai commencé à faire de la planche à voile à 12ans 2 fois par semaine durant plusieurs années. J’ai commencé par des petites compétitions locales sur Marignane, La Ciotat, Fos sur Mer etc… puis j’ai fait mes premiers pas sur le championnat de France. Dans ma pratique, il n’y a pas de sélection comme dans les autres sports. Pas besoin de faire de bons résultats ou des podiums dans des compétitions locales pour passer sur les compétitions suivantes, c’est ouvert à tous. A toi de voir si tu as le niveau ou non pour le faire. Au début, c’était assez catastrophique ^^puis petit à petit je me suis rapprochée du podium jusqu’à rester plusieurs fois sur la 3ème marche du podium et en 2014, vice championne de France. En 2013, j’ai décidé de me lancer en coupe du monde. Encore une fois, il n’y a pas de sélection (chez les filles) donc tout le monde peut s’inscrire. La première année j’ai terminé 10, ensuite 12 et l’année dernière 9ème.

Ta deuxième place en 2014 aux championnats de France est ton plus grand souvenir sportif ?

C’est un de mes meilleurs souvenirs oui car grâce à cette place, j’ai pu gagner quelques sponsors mais ceux que j’ai le plus en tête, ce sont plusieurs courses de l’année dernière où j’ai terminé dans le top 6. Ça prouve ma progression et me donne la motivation pour me rapprocher du podium en coupe du monde

Quel est ton objectif pour 2016 ?

Pour 2016, j’ai décidé de me concentrer à 100% sur la coupe du monde où je vise un top 5.

Marion Dusart

Pourquoi faire une campagne de crowdfunding sur Fosburit ?

Comme je l’ai dit précédemment le monde de la planche à voile est très dure, très peu de reconnaissance, très peu d’aides. Je parle de mon support, le funboard, à ne pas confondre avec la rsx (support olympique) qui est un autre monde. Avec tout mon parcours sportif et ma bonne progression je n’ai pas de titre officiel de sportive de haut niveau car il faut être dans le top 6 annuel mondial pour accéder à la fameuse liste ministérielle et entrer officiellement dans l’équipe de France. Aujourd’hui, j’ai des sponsors qui m’aident niveau matériel mais dès qu’on parle financier, il n’y a plus personne. Je me finance donc seule, tous les voyages/logement/inscriptions grâce à mes jobs d’été. Mais voilà, j’ai 25ans, encore dans les études, et passer tout mon argent dans mon sport, ça en devient lassant alors si je souhaite continuer la coupe du monde, j’ai besoin d’aide. J’ai entendu parlé pour la première fois du « crowdfunding » à la télé et du coup j’ai eu l’idée de me créer un compte et de me lancer dans ce nouveau mode de financement de projets. Pourquoi Fosburit ? car mon frère et un de mes professeurs en staps m’ont conseillé cette page comme l’une des meilleures pour des projets sportifs.

Si vous souhaitez m’aider je vous conseil d’y jeter un œil en cliquant ici. N’hésitez pas à y participer dès à présent et à partager le lien sur vos réseaux. Il me reste plus que 16jours pour atteindre mon objectif, je compte sur vous ! 😉

Qu’est que t’a apporté l’équipe de Fosburit pour ton projet ?

Au tout début, j’ai été contacté par « Morgane » de l’équipe Fosburit, qui m’a donné 2/3 conseils pour passer mon projet du mode « couveuse » au mode « public » pour qu’il soit visible par tous, sur le site de Fosburit, rubrique eau/mer. Désormais, je mène mon projet seule et j’essaye de gagner de jour en jour des contributeurs.

Tu parcours le circuit sans entraineur, c’est un choix financier ou personnel ?

Au début, j’ai commencé dans un club de voile, sur Marignane, où j’ai eu plusieurs entraineurs. Puis j’ai déménagé après l’obtention de mon bac sur l’almanarre, dans le var, pour mes études en staps et trouver un cadre d’entrainement plus sérieux. Malheureusement 2ans après, l’entraineur est parti à la retraite et personne a vraiment reprit la relève donc je suis restée sans entraineur et j’ai dû faire sans. Alors du coup, je me suis mise à m’entrainer seule, à m’intéresser à divers méthodes d’entrainements, à observer les plus fort sur l’eau et ensuite j’essayé de faire comme eux sur l’eau, à leur demander des conseils etc … Le fait de ne pas avoir d’entraineur ce n’est ni un choix financier ni personnel, j’ai dû accepter la situation. A ce moment, la passion a prit le dessus pour continuer seule. Cela dit, en planche à voile, plus tu progresses, moins il y a d’entraineurs aptes à t’entrainer comme il faut. Pour apprendre et rester à un niveau local il suffit d’aller dans un club de voile et il y a des entraineurs mais à mon niveau, on s’auto entraine et je suis loin d’être la seule dans la même situation. A moi de m’entourer de divers personnes pour progresser sur et hors de l’eau.

Cette compétition début avril à Paris Bercy en quoi ca consiste ? De l’indoor pour du windsurf c’est surprenant !

Paris Bercy c’est un show pour le windsurf ! Ce qu’on veut c’est mettre en avant le sport et offrir le meilleur spectacle possible. Il y aura plusieurs disciplines : le slalom et la vague. Le fête du windsurf sera le 1er et 2 avril, n’hésitez pas à réserver vos places sur : http://indoordefrance.bercyarena.paris/home

Malheureusement, ma présence n’y est plus sûre pour divers problèmes et notamment l’aspect financier en fait parti.

Paris 2024, les jeux olympiques en France tu en penses quoi ?

Ce serai top d’avoir les JO en France mais pour ce qui est de ma discipline, elle n’est pas olympique. La rsx oui car avec un vent très léger la discipline peut être validé, alors qu’en funboard – slalom il nous faut un minimum de 7 nœuds (14km/h environ). Pour qu’un sport soit olympique il faut assurer que la compétition ce fasse donc dans cette logique c’est normal que ma discipline n’y soit pas. C’est le même problème pour le surf car l’organisation ne peut assurer des vagues pour le jour de la compétition. Peut être qu’un jour, avec les piscines à vagues, ça pourrait être possible !

Jack’s
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