Steven Moreau, Quentin Lecomte : le poker, plus qu’un jeu


Steven Moreau et Quentin Lecomte sont deux jeunes joueurs français confirmés de poker. Entretien pour le blog playeur.co avec ces deux jeunes joueurs talentueux qui ont amassé plusieurs milliers d’euros grâce au poker.

Steven, Quentin, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Steven : Salut à toi et merci pour ton interview. Je m’appelle Steven, je m’approche de la trentaine et je vis à L’hay les Roses en banlieue parisienne, je joue au poker depuis  7 ans environ et 4 ans de manière professionnelle. Je joue régulièrement en MTT (tournoi multi-tables) surtout le dimanche et fais également un peu de Cash Game en Omaha (variante du poker à 4 cartes en main) notamment. Je suis un grand fan de football que j’ai pratiqué durant 20 ans et particulièrement du PSG, j’adore aller au cinéma, sortir avec mes amis. Je suis d’un naturel très sociable, très charrieur.

Quentin : Bonjour à tous, j’ai 23 ans depuis peu et après avoir passé ma jeunesse en banlieue Parisienne j’habite désormais à Prague. J’ai commencé le poker en 2010 et depuis 2012 j’ai délaissé mes études pour m’y consacrer. Je suis quelqu’un de réfléchi mais passionné, j’aime m’impliquer à 100% dans les choses que je fais. Je suis un grand amateur de vins et si l’ambiance des boites de nuits ne me fait pas rêver je suis toujours le premier partant pour un verre dans un endroit sympa.

Vous avez été joueur de poker professionnel à un moment, est-ce toujours le cas ?

Steven : Bonne question, il est vrai que j’ai été sponsorisé pendant 1 an par le site BarrierePoker.fr et c’est à cette période que je me suis senti vraiment joueur de poker professionnel. Je devais répondre à des obligations, à bien gérer ma communication et à essayer de donner à des nouveaux joueurs l’envie de venir jouer sur le site par exemple. Après chacun se fait sa propre définition je pense qu’à partir du moment où cela devient ta seule source de revenu tu peux être considéré comme un joueur pro. Maintenant  j’ai la chance de me diversifier, d’écrire des articles stratégiques, de coacher des élèves, de faire quelques conférences aussi dans des associations et bien évidemment de pouvoir commenter certaines retransmissions pokeristiques comme les EPT (European poker tour) notamment. C’est quelque chose que j’adore vraiment et je trouve plutôt ça bien d’avoir plusieurs cordes à son arc. Disons qu’à l’heure d’aujourd’hui je ne me considère plus comme joueur de poker professionnel à part entière non.

Quentin :  Je préfère dire que je suis sponsorisé, la notion de professionnalisme est souvent trop utilisée à tort et à travers en ce qui concerne le poker. Par exemple avant d’avoir un contrat j’ai délaissé un cursus scolaire et de facto je passais une partie de mes journées à jouer, maintenant est-ce que cliquer sur une souris depuis sa chambre en pyjama et parfois ne pas jouer pendant 3 jours parce que l’on s’est couché plusieurs fois de suite saoul à 5H du matin est vraiment être professionnel ? Depuis mon sponsoring en 2013, et comme le signalait justement Steven au vu de mon implication quotidienne dans ce jeu que ça soit en jouant mais aussi en coachant des personnes ou en écrivant des articles, je me considère comme un vrai professionnel.

Est-ce possible de durer sur le circuit professionnel sans sponsor ?

Steven : C’est très difficile évidemment, la variance (la différence entre le résultat et le résultat probabiliste) sur le circuit professionnel est juste énorme et je pense vraiment être bien placé pour en parler. J’ai eu énormément de réussite à une période de ma carrière où j’enchaînais les performances tous les mois et où tout me réussissait. Sur ces 2 dernières années et alors que mon niveau de poker est bien meilleur je fais beaucoup moins de résultats, mes tournois se finissent très souvent sur un bad beat (perdre un coup alors qu’on est favori) ou sur une mauvaise rencontre avec un sentiment d’impuissance assez horrible. Quand tu conjugues tout ceci avec les frais qui sont parfois très élevés si tu englobes l’hôtel, l’avion, les restaurants parfois quelques sides events, je pense qu’il est très dur de s’en sortir sans sponsor. Ou alors il faut comme moi avoir fait pas mal de jolis résultats qui permettent de réinvestir cela sur le circuit sans que cela ne touche trop à ta bankroll (cagnotte réservé au poker qu’un joueur possède). Je pense que le circuit live doit être une sorte de petit kiff qu’on s’offre de temps en temps en espérant  avoir son one time ou réussir la plus grosse performance. De toute manière on le voit bien actuellement mais sur un EPT par exemple dans un contingent français  il y a peut-être 4-5 qualifiés onlines, une dizaine de joueurs sponsorisés et des gens qui gagnent très bien leur vie et qui peuvent se permettre de payer 5300€ sans que cela les touche de manière financière. Le nombre de joueurs sponsorisés qui ont perdu leur sponsor et qui ont arrêté le circuit professionnel est assez conséquent.

Quentin : Dire que ce n’est pas possible de durer sans sponsor est faux. Si on raisonnait par l’absurde je pourrais te citer des dizaines d’exemples qui prouvent le contraire. On va dire qu’en l’état actuel mis à part pour quelqu’un ayant déjà fait ses preuves sur le circuit mais aussi online et ayant une solide base financière grâce à ses résultats précédents je ne le conseillerai pas. Le niveau a incroyablement augmenté ces derniers années et au vu du facteur chance important à ce jeu je ne pense pas qu’il soit réellement possible de dégager un avantage suffisant sur les autres pour avoir assez de certitudes pour se lancer à plein temps sur le circuit. D’ailleurs la grande partie des réguliers du circuit international sont plus ou moins régulièrement en difficulté financière. Par contre pour quelqu’un qui tire des revenus du poker sans en avoir un besoin vital (ce qui induit soit de faire des études à côté soit d’avoir un travail stable) se lancer sur le circuit est tout à fait envisageable et même si les sponsorings se font rare de nos jours ils ne sont pas inaccessibles ! De la même manière un joueur très régulier sur Internet peut tout à fait se lancer et prendre sa chance sur le circuit live à partir du moment où il fait bien attention à se gérer financièrement.

Steven, ta plus grosse performance en live est une 14ème place au WSOP-E (la série de tournoi des championnats du monde organisée en Europe), est-ce ton plus grand souvenir poker ?

Steven : Sans aucun doute en y repensant encore maintenant c’était assez fou, à l’époque ce tournoi était sans doute le plus beau tournoi du monde, tout le tournoi les tables étaient complètement dingues, tous les meilleurs joueurs du monde faisaient le déplacement. A cette période j’étais « Gloub94 » le petit jeune sympa qui vient du Club Poker et qu’on voyait de plus en plus sur le circuit. J’avais passé le Day1 avec un stack (montant du tapis d’un joueur) en dessous de la moyenne mais toujours en vie, j’ai vécu ensuite un Day 2 de rêve qui m’avait propulsé dans la moyenne à une trentaine de places de la bulle (moment du tournoi ou il manque une élimination avant que tous les joueurs soient payés). Evidemment à cette époque mon objectif était de faire ITM (atteindre les places payées) dans l’un des plus beaux tournois du monde et cette période fut très longue pour moi, j’avais une table assez difficile avec notamment Martin Jacobson, Arnaud Mattern et Barry Greenstein. D’ailleurs c’est ce dernier qui a fait la vrai bulle, ne disant aucun mot, sortant son livre et le dédicaçant à Brian Roberts le joueur qui l’avait éliminé. C’était un moment très fort pour moi presque émouvant car au-delà du fait que la première place payé était à 20.000 € cela me prouvait à moi-même que je pouvais m’en sortir parmi les meilleurs joueurs du monde sans avoir à l’époque leur niveau ou leur expérience.

Après cette bulle j’ai vécu un rush de cartes qui m’a permis de me positionner a 24 left pour le Day 4 au-dessus de la moyenne j’y ai vécu une des journées les plus intenses de ma vie, j’ai notamment croisé le fer avec Chris Moorman, Jake Cody, Eric Seidel ou encore Patrick Antonius. J’avais vraiment l’impression d’avoir traversé la télé et de me retrouver là assis avec des joueurs que je regardais encore à la télé 1 an auparavant. A ce moment-là mon téléphone n’arrêtait pas de sonner à chaque coup que je gagnais en table télé, les serveurs du Club Poker ont explosé etc … Le soutien que j’ai eu à ce moment-là était vraiment énorme. Au final je sors 14e pour 53.000 € sur un vulgaire coin flip (confrontation à tapis ou chacun des joueurs à 50% de chances de gagner) qui aurait pu me refaire remonter à 45 BB (Big Blinds) mais je ne regrette rien. Evidemment ça restera toujours dans un coin de ma tête quand tu sais qu’il y avait 1.400.000 € à la gagne mais à l’époque, pour mon niveau, mon parcours c’était une performance assez folle. Ça reste clairement ma meilleure expérience et malheureusement ce tournoi n’a jamais retrouvé de sa superbe par la suite, les fails récents à Enghien ou encore à Berlin l’ont prouvé.

Quentin, tu as gagné l’Unibet open de Cannes en 2013 au tout début de ton contrat avec Unibet, une immense fierté ?

Quentin : C’est à ce jour mon meilleur souvenir poker. L’avantage avec une victoire c’est que quoi qu’il se passe par la suite les gens s’en souviennent toujours. Plus que la fierté c’est surtout la reconnaissance d’un long chemin parcouru qui m’a touché. Et puis gagner c’est un mélange de tellement de sentiments, le soulagement que ça arrive enfin (même si je n’ai pas finalement attendu si longtemps), la fierté d’être au centre des projecteurs, la satisfaction de mon sponsor qui organisait par ailleurs le tournoi, j’ai non seulement gagné mais j’ai gagné à domicile et rien ne pouvait me faire plus plaisir… Quand j’étais petit comme beaucoup de personnes je rêvais de gagner la coupe du monde de football ou d’être le prochain Pete Sampras. On va dire que je n’y suis pas arrivé mais niveau poker au moins j’aurai laissé une petite trace !

Le grand débat est de savoir si on peut considérer le poker comme un sport, quel est votre avis ?

Steven : Je pense que c’est un vaste débat, la pratique de poker de manière professionnelle se rapproche vraiment d’un sport de haut niveau, que ce soit au niveau de la concentration, de l’analyse de ses adversaires, de la motivation, du  travail mental  de manière globale et du travail sur la condition physique notamment …
Quand tu vois que les échecs ont été considéré comme un sport pas le Comité Olympique en 1999 tu te dis que le poker pourrait clairement y prétendre oui. Il y a beaucoup de sports qui ne demandent pas une condition physique exemplaire mais qui demandent beaucoup de concentration, de maitrise de soi, d’analyse etc.. En tout cas cela serait clairement une bonne chose pour le poker de le rendre encore plus populaire qu’il n’est déjà. D’ailleurs je tiens à féliciter Alexandre Dreyfus avec qui j’ai eu la chance de travailler pour les « Global Poker Masters » pour le travail qu’il essaye de faire pour rendre le poker plus populaire et d’essayer du moins de le « sportifier » . Je trouve que la plupart de ses projets et de ses initiatives sont de très bonnes choses pour le poker, pour les joueurs et pour l’industrie du poker de manière générale. Le monde du poker manque de personnes comme lui qui essaye de faire avancer les choses en innovant et en proposant des choses nouvelles.

Quentin : Pour moi il n’y a pas débat. Le facteur hasard est trop important pour considérer le poker comme un sport. Les puristes pourront me dire que par exemple le short track (et le titre de l’australien Steven Bradbury à Salt Lake City aux JO de 2002) est un sport bien que soumis à beaucoup d’aléas aussi c’est incomparable au poker. Il n’existe pas de circuit professionnel au poker que l’on pourrait comparer avec l’ATP ou la PGA mais si l’on fonctionne par équivalence alors on pourrait s’apercevoir que sur 30 ou 40 tournois « professionnels » au poker il est possible qu’aucun des 5 meilleurs joueurs du monde n’en gagne un. D’ailleurs on ne peut même pas réellement évaluer quels sont les meilleurs à ce jeu.
Le lien avec le sport c’est la préparation mentale optimal, l’entraînement quotidien et l’approche de la compétition qui permettent d’évoluer au meilleur niveau. A mon avis on cherche à parler du poker comme un sport pour le populariser mais un jeu peut être populaire sans être un sport non ? On le voit bien avec le popularité croissante chez les jeunes de l’e-gaming ou des sports « hors-circuit » avec des événements comme les X-Games.

Les 3 qualités principales nécessaires pour un joueur de poker ?

Steven : Remise en question constante, mental d’acier, gestion de Bankroll optimale.

Quentin : La plus importante pour moi est la confiance en soi permanente, on peut perdre pendant plusieurs tournois consécutifs alors que l’on joue parfaitement, si cela ébranle la confiance alors ensuite le jeu se dégrade, il faut être prêt à perdre et garder confiance tout en sachant que les mauvaises périodes peuvent durer des mois.
Ensuite je dirai l’assiduité, il y a quelques années ne pas pratiquer énormément ou ne pas travailler son jeu en permanence n’était pas très grave mais le niveau augmente tellement que les efforts sont quotidiens.
Enfin je rejoindrais Steven sur la gestion de Bankroll, c’est à dire de son capital poker. Repartir de 0 parce que l’on a tout perdu est une perte de temps dramatique et rien n’est certain sur le fait d’y arriver, il faut donc à tout prix bien gérer son capital !

L’ARJEL (l’autorité de régulation des jeux en ligne) fait débat, selon toi quels sont les points sur lesquels il faudrait travailler pour l’améliorer ?

Steven : Je zappe cette question.

Quentin : Le principal problème de l’ARJEL c’est qu’elle n’a quasiment aucun pouvoir décisionnaire. Je trouve qu’elle remplit plutôt bien son rôle dans les paris sportifs, on a pu voir qu’elle avait aidé a repérer des matchs truqués ce qui est un de ses rôles principal.
Le problème c’est que pour le poker et son économie qui décline il faudrait que son influence ne se limite pas seulement à des « recommandations » que les décisionnaires politiques n’écoutent pas du tout et que son rôle ne soit pas que consultatif. Ce n’est pas l’ARJEL en elle-même le problème mais le fait que comme souvent ce sont les personnes les moins compétentes dans un domaine qui décide. Je trouve que le président actuel de l’ARJEL, Charles Coppolani, tient un discours censé et très lucide sur la situation mais il ne décide de rien alors c’est beaucoup de temps perdu en débats et palabres inutiles. Et son influence auprès du gouvernement qui est le seul à pouvoir prendre des mesures à long terme bénéfique à tout l’écosystème (les mesures actuelles vont dans le sens opposé) semble très limitée…

Le poker a souvent et malheureusement une mauvaise image auprès du grand public, qu’auriez-vous envie de dire aux détracteurs ?

Steven : Je ne suis pas certain que le poker ait vraiment une mauvaise image auprès du grand public, même si le phénomène de mode semble s’être un peu estompé je connais toujours beaucoup de personnes qui jouent de temps en temps au poker et qui aiment ça. Ce jeu c’est quand même bien démocratiser grâce notamment à Patrick Bruel et le fait de voir de plus en plus de « personnalités » jouer de manière de plus en plus régulière sur le circuit international à aider à offrir une certaine crédibilité. Je pense à des personnes comme Kool Shen ou Estelle Denis par exemple. D’ailleurs j’ai beaucoup lu des gens critiqué PokerStars sur le fait d’avoir recruter des ambassadeurs comme Ronaldo , Neymar ou Cristiano Ronaldo. Personnellement j’ai trouvé cela génial. Evidemment je suis un fan inconditionnel de football donc je ne suis peut-être pas totalement objectif mais un C.Ronaldo c’est 107 millions de fan sur sa page Facebook et 54 millions pour Neymar. Vous vous rendez compte ? J’ai eu l’honneur de commenter Ronaldo faire un deep run (réussir un joli parcours dans un tournoi) lors du PCA 2015 et je peux vous assurer que l’engouement au Brésil était assez énorme. De plus, ces joueurs là touchent une cible qui pourrait être clairement intéressé  pour découvrir le poker et avoir l’occasion d’aimer ce jeu. Ce genre de recrutement est très intelligent et je trouve que ce sont de très bonnes choses pour le poker. Cela ne peut qu’aider à développer de manière positive l’image de ce sport …

Quentin : La mauvaise image c’est celle du jeu d’argent en général. Les gens commencent à faire une différence, le poker s’est ouvert en France en même temps que les paris sportifs qui touchent énormément de personnes et sont très populaires. Les retransmissions sur Canal+ et Eurosport ont beaucoup contribué de manière positive également. Oui des gens perdent au poker mais c’est un loisir comme un autre, pour moi il y a une grande différence entre par exemple un jeu de casino comme la roulette ou les machines à sous et le poker et son côté ludique, convivial, intellectuel (on peut passer des heures sur ce jeu pour progresser). De la même manière les mutations de l’économie du poker vont probablement conduire à des tournois où les meilleurs s’affronteront non pas en déboursant de l’argent mais en participant à des tournois financés par des sponsors avec une dotation à la clé. C’est pour moi un virage important pour recruter un nouveau public.

Twitter, un véritable outil pour les joueurs de poker ?

Steven : Perso, je suis un véritable addict de Twitter et des réseaux sociaux de manière générale. Pour le poker cela m’aide vraiment à rester concentrer durant mes tournois. Je suis certainement un des joueurs français qui twitt le plus et j’adore ça. J’ai beaucoup d’amis qui me suivent et je trouve ça logique de leur donner des infos. Evidemment c’est lorsque tu commences à deep run que le soutien devient de plus en plus énorme mais dans certains tournois cela m’a vraiment aidé à ne pas lâcher et à ne pas m’envoyer en l’air. Lorsque tu as 10 ou 15 personnes qui t’envoient des « Gogo Gloubi » ou des «  Au bout, lâche rien » etc … tu te dis que tu n’as pas le droit de les décevoir et cela me motive encore plus à essayer de jouer mon A-Game .
Pour les joueurs sponsorisés c’est un véritable outil marketing, notamment pour relayer les opérations commerciales de sa room ou être au plus près des joueurs réguliers.

Quentin : Steven en parle beaucoup mieux que moi ! C’est un outil super pratique oui. Par exemple je peux dire que mon compte twitter est un espace de communication sur mon actualité et celle de mon sponsor alors que je n’ai toujours pas de pages « fan » sur Facebook et que je n’en créerai probablement pas. C’est rapide et intuitif, cela prend peu de temps et contrairement à Facebook on ne perd pas de temps en phrases longues et inutiles. Je trouve aussi que ça offre plus de proximité avec ses fans, il est super facile de leur envoyer un tweet pour répondre à leur question ou les remercier de leur soutien. Et puis il est logique de s’adapter aux nouvelles méthodes de communication et twitter va dans ce sens là. 

Vous avez des projets poker ou en dehors du poker ?

Steven : Cela fait déjà plusieurs mois que je réfléchis à ce que j’aimerais faire oui. J’ai clairement l’impression d’avoir fait le tour de ce milieu dans le monde professionnel (les mêmes tournois, les mêmes personnes, les mêmes restaurants, les mêmes hôtels, les mêmes boites de nuits etc …)  De toute manière les conditions actuelles ne me motivent pas énormément à continuer dans cette voie. Que ce soit les problèmes fiscaux qui touchent des amis très proches, le fait que l’on n’ait toujours pas de véritable statut dans notre pays sur les joueurs de poker. Mais aussi la pauvreté de l’offre online en France qui ne jure que par ses Spin and Go ou Expresso et qui réduit ses garanties de tournois de jour en jour (sans parler des programmes de fidélité en baisse)… Les cercles parisiens qui ferment les uns après les autres etc …
Heureusement j’adore toujours autant ce jeu et j’aime le pratiquer  régulièrement avec mes amis notamment même pour des sommes qui peuvent me sembler dérisoire. 
J’aimerais vraiment bosser dans le milieu du poker car je pense que je pourrais apporter pas mal de chose, que ce soit au niveau de mon expertise ou de mon expérience du milieu amateur et professionnel et qu’il y a pas mal de choses intéressantes à faire encore. Je suis sur un projet qui pourrait clairement être ambitieux pour moi et qui pourrait vraiment me motiver mais pour l’instant je ne peux pas trop en parler. Mais j’espère que vous me verrez bientôt avec une autre casquette 🙂

Quentin : J’ai arrêté mes études il y a quelques années maintenant. Je tiens à préciser que j’ai beaucoup plus joué au poker parce que j’avais arrêté et donc que j’avais du temps libre, je n’ai pas arrêté mes études pour jouer au poker. Je pense que le jour où j’arrêterai je reprendrai un cursus. Sans diplômes il est dur de réussir sauf en lançant un business ce qui n’est pas dans mes projets. J’ai toujours aimé étudier et j’ai envie à terme de revenir dans le monde du travail. Avec le poker et mon sponsoring j’ai appris des tonnes de choses utiles, que ce soit dans la communication, la gestion du stress, le recul sur les choses et plein d’autres petits aspects qui font que je suis très confiant sur ma faculté à réussir des études puis à réussir dans le monde du travail.  Et la fin de ma carrière de joueur pro (je continuerai probablement à jouer de temps en temps pour la plaisir) sera loin d’être une « petite mort » mais au contraire le début de quelque chose de nouveau qui sera énormément bonifié par ces années passées en tant que joueur !

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