Ulrich Robeiri, à la pointe de son épée


Crédit photos : Augusto Bizzi (DR FFE)

Ulrich Robeiri est membre de l’équipe de France d’épée depuis plus de 10 ans, il est champion du monde en titre en individuel et en équipe en 2014. 

Peux tu nous présenter brièvement les différentes armes?

L’escrime se compose de trois armes : l’épée, le fleuret et le sabre.

– L’épée et le fleuret sont des armes d’estoc, les touches sont portées uniquement avec la pointe alors qu’au sabre le tranchant de la lame est utilisé.

– Le sabre et le fleuret sont des armes de convention, la priorité est donnée à l’attaque, après chaque touche l’arbitre rend sa décision après avoir décrit l’action des deux adversaires pour déterminer à quel tireur il attribue le point en fonction de la priorité. Les surfaces valables sont limitées pour ces deux armes,le tronc et le dos au fleuret, toutes les parties du corps au-dessus de la ceinture pour le sabre.

– A l’épée,toute la surface du corps est valable, on touche avec la pointe et il n’y pas de priorité lorsque les touches sont portées. Le premier qui touche a le point et si les deux adversaires se touchent simultanément, ils ont chacun un point.

Ce titre mondial acquis en juillet 2014 est une consécration pour toi ?

Oui, c’était un objectif depuis plus de 10 ans. Je pensais que j’étais capable de gagner cette compétition mais par le passé, je n’arrivais à m’y exprimer pleinement. C’est l’objectif de tous les escrimeurs de se distinguer lors des championnats du monde ou les Jeux Olympiques.

Tu as été de nombreuses fois champion du monde par équipe avant ton titre individuel. Des sensations différentes ?

Les sensations sont différentes car le titre individuel est un aboutissement personnel. Une reconnaissance de mon travail personnel tout au long de ces dernières années. J’ai toujours pris énormément de plaisir lors des compétitions par équipe, j’aime le fait de partager des victoires avec mes coéquipiers. Cependant, pour ma carrière, il était important de montrer que j’étais capable de gagner seul.

L’escrime française a traversé un passage à vide avec un 0 pointé aux JO de Londres, comment l’expliques-tu ?

Il y a eu une période de relâchement, on pensait trop que les résultats allaient revenir tout seul. L’escrime française était sur la mauvaise pente, trop d’habitude s’était installé. L’échec des JO a créé un choc et remis tout le monde au travail, les résultats positifs commencent déjà à arriver.

Comment se prépare ton physiquement pour être un escrimeur de haut niveau ? Combien d’heures d’entrainement hebdomadaire ?

On s’entraine entre 2 et 3 heures par jour, les entrainements sont variés. Nous avons des séances d’assauts (match d’opposition), des leçons individuelles ( travail technique avec le maître d’arme), de la musculation et du travail de préparation physique sous forme d’atelier pour développer les qualités propres à notre sport, du travail de déplacement et un peu de travail d’endurance.

Prochain Objectif Rio 2016 ?

En effet, mon prochain défi est de me qualifier pour les JO afin d’y décrocher une médaille. La route s’annonce difficile car le niveau de l’épée française est très élevé et chacun veut gagner sa place dans l’équipe. Ce sera le dernier défit de ma carrière.

Comment partages tu ta vie entre ton travail, l’escrime et ta famille ?

Mes journées sont très rythmées, je dois jongler entre les activités. Je m’entraine le matin ou l’après-midi, et le reste du temps de ma journée est consacré à mon travail à la RATP. Je bénéficie d’une convention d’insertion professionnelle qui me permet d’être libéré pour mes entrainements et compétitions. Ce n’est pas évident d’être toujours présent pour ma compagne et ma fille, mais toutes les deux m’apportent leur soutien quand je pars en compétition.

Tu es plutôt D’Artagnan ou Zorro ?

Cette question n’a pas encore été tranchée 😉

Un très grand merci Ulrich et bonne chance pour cette saison et vivement les jeux de Rio 😉

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